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Jean-Jacques Goldman dans "Le telegramme de Brest"

Après la magnificence de « Rouge », sur quels principes avez-vous construit votre nouveau spectacle ?
Par rapport à « Rouge », on s'est dit qu'on ne pouvait pas faire mieux sur le plan « spectaculaire ». Alors on n'a pas essayé de rivaliser mais plutôt de privilégier ce qui pouvait éventuellement manquer au show précédent, à savoir l'interaction. cette fois, pendant plus d'une heure on est assis, la musique acoustique, l'ambiance plus intime. La scène rentre dans le public, on est très proche les uns des autres. Les spectateurs peuvent participer beaucoup plus.
Le répertoire est dans le ton du dernier album. Il y a une dizaine de chansons d' « En passant » et autant d'anciennes qui pouvaient s'adapter à ces climats, être cohérentes avec ce dernier album. « Elle attend » par exemple, des chansons comme ça.
Vos billets de concert sont originaux. Comme les pochettes et livrets de vos CD toujours très soignés. cherchez vous à introduire du beau là où on ne l'attend pas ?
Oui, mais ça ne demande pas plus d'application que ça. Il suffit de le décider. Par exemple, il y a des tas de gens qui sont prêts à travailler sur le livret d'un CD. Alors pourquoi ne pas faire appel à eux plutôt que de bâcler en se contentant de n'y mettre que les textes ? Pourquoi ne pas en profiter pour y ajouter de belles photos ? En fait, ce qui me semble bizarre, c'est que les autres artistes ne le fassent pas.
Quelle est votre définition d'un artiste ?
Je dirais que c'est quelqu'un qui ressent des choses, les exprime, et, en les exprimant, rencontre les émotions des autres. Par exemple, des tas de gens sont touchés par un coucher de soleil. Alors, s'ils sont peintres, certains vont essayer de représenter ce coucher de soleil tel qu'il les a bouleversés et pourtant, leur tableau laissera tout le monde indifférent. Par contre, d'autres seront capter le regard de personnes qui diront, oui, c'est exactement ce que j'ai vu. C'est cela pour moi un artiste : quelqu'un qui en s'exprimant soi-même sait toucher les autres.

Et comment définissez vous une bonne chanson ?
C'est une question que les journalistes français ne posent pas assez. J'ai l'impression qu'ils n'ont pas la même notion que moi sur ce qu'est une chanson. soit ils en ont une vision littéraire, soit ils en ont une vision musicale, mais ils n'ont pas une vision « chanson » de la chanson. Et pour moi, la chanson c'est un équilibre. Un équilibre entre des mots, des notes, un arrangement, une image, une voix. Et c'est cet équilibre-là qui fait une bonne chanson, comme « Yellow submarine » des Beatles par exemple.
On ne peut juger uniquement sur le plan littéraire. Sinon Henri Tachan aurait été un grand chanteur. Ni uniquement sur les arrangements. Il y a un côté ....magique n'est pas le bon terme.... Disons inexplicable ! Qui fait qu'une chanson est une grande chanson. Parce qu'elle parvient à toucher les gens sans que d'ailleurs ils sachent vraiment pourquoi.
Votre réputation d'expert en « bonnes chansons » n'est plus à établir. Les autres artistes vous sollicitent-ils beaucoup dans l'espoir que vous écriviez pour eux ?
Oui. Mais pour que j'y réponde favorablement, il faut d'abord que la voix de la personne me touche. C'est un élément déterminant, avant même la personnalité de l'artiste. Ensuite, il faut que j'aie l'impression de pouvoir lui apporter quelque chose. Il peut y avoir des voix qui me touchent profondément sans que je voie ce que je pourrais leur apporter de supplémentaire.
Mais quand Khaled arrive et me dit je suis confronté à un problème avec les chansons en français, alors là ça m'intéresse. Parce que sa voix me touche, c'est un très bon chanteur, particulier en plus. Et je me suis dis, oui on peut tenter quelque chose pour essayer de marier le raï, sa façon de chanter & des mots en français.
Et le résultat a donné « Aïcha » qu'on a entendu partout.
Oui, mais ça ne marche pas à tous les coups. Je pourrais aussi vous citer 5 ou 6 échecs. C'est parce qu'on parle plus des succès que les insuccès passent inaperçus.
En 1997, vous avez été l'artiste français le plus diffusé sur les radios. Ne vous sentez-vous pas « surexposé » ?
Si. Je trouve que c'est un effet pervers des quotas tels qu'ils sont appliqués sur les radios. Un effet que je qualifierais d'entonnoir pour ne pas dire lavabo, et qui fait qu'on aboutit à une concentration de certains titres.
Peut-être faudrait-il une loi interdisant que certains morceaux soient trop programmés ? Parce que ça n'arrange personne, et surtout pas les artistes en question. Les gens en ont vite marre d'entendre toujours les mêmes choses. Ca use les chansons, ça les dénature même.
Prenez le jazz : au départ, c'est une musique rebelle. Maintenant, on en entend dans les ascenseurs, ça finit par perdre tout son sens.
Votre immense notoriété est-elle facile à gérer ?
Michael Jones aime citer un proverbe gallois qui dit que quand on prend quelque chose, on prend en même temps le bon et le mauvais. C'est valable pour tout, je suppose : les gens, les confiseries... Avec la notoriété, il y a bien sûr des côtés un petit peu négatifs, mais aussi tellement d'autres positifs qu'il faut accepter le fait qu'on vous demande des autographes. Ce n'est pas très grave.
A part ça, Jean-Jacques a aussi cité qquns de ses disques et livres préférés :
DISQUES : "caché derrière" de Voulzy; "the captain and me" des Doobie
brothers; le best-of de Jimi Hendrix; l'album éponyme de Gildas Arzel
LIVRES : "Qu'elle était verte ma vallée" de R. Llewellyn; "Voyage au bout de
la nuit" de Celine; "Belle du seigneur" d'Albert Cohen
Jean-Jacques Goldman à Brest

Retrouvailles en or à Penfeld
Pourquoi faire compliqué quand l'émotion se fait toute simple ?
Une scène, sans fioritures, des notes, des mots et surtout, et encore, cette étrange alchimie qui unit chaque fois Jean-Jacques Goldman à son public. Samedi soir, Penfeld est allé au bout de ses rêves, d'une seule voix, d'une seule âme... pendant deux heures en or. 5.000 spectateurs, 5.000 voix, et pas une fausse note dans cette rencontre un peu magique, comme sait toujours les transformer l'homme en or.
Palette d'émotions et de couleurs, ce spectacle-là restera, c'est certain, dans beaucoup de mémoires brestoises, inscrit en
noir et blanc, négatif indélébile d'un soir lumineux.
L'émotion en noir et blanc
Etonnement de quelques secondes : à 20 h 15, la scène s'anime... d'un drôle de cameraman, qui, de contreplongées en zoom va jouer avec le public, par le seul pouvoir de l'image. Au fond de la grande scène toute noire, les visages s'animent sur grand écran, les rires s'affichent en majuscules et toute une salle se prend au jeu.
Une entrée en matière qui laisse déjà présager de la suite des événements...
Et puis, les mains tapent, les tribunes tremblent, et les premières notes s'élèvent dans la pénombre d'une scène presque vide. Des tons diaphanes du dernier album, Goldman a voulu retranscrire sur scène cette ambiance intimiste qu'il a toujours revendiquée, et c'est dans un décor épuré que le voyage débute, prélude à quelques heures de lumière. Le décor peu à peu se forme, les musiciens passent et se croisent, portés en silence sur les rails de la scène, pour se retrouver côte à côte, comme au creux d'un cabaret.
«On va vous expliquer comment ça va se passer : çe sera très calme, une première partie acoustique et ensuite... ». Ensuite ? Non, tout de suite la salle a répondu, joué le jeu et autour de ces quelques hommes, les Brestois ont aussi donné d'eux-même, sans leur laisser une seule seconde de répit. Et, finalement, entre le gris clair et le gris foncé de ces minutes, les couleurs ont éclaté, les voix ont donné, et le plaisir s'est inscrit dans l'air, vibrant sur scène comme dans la salle pour plus de deux heures d'un échange à armes
égales.
Rare complicité
Douceur ou fureur, les mélodies de Goldman ont ce pouvoir que l'on ne s'explique pas, elles surgissent ...
Jean-Jacques Goldman à Lorient

5000 fans ont transpiré de bonheur, dimanche soir, au palais des sports,
donnant tout à leur idole, Jean-Jacques Goldman. Kervaric, bouillonnant
chaudron, a succombé à la magie d'un grand show, illuminé par un homme à
l'esprit, à l'élégance rares.
"Aujourd'hui est un jour un peu spécial, non ?" Goldman s'avance dans la
pénombre pour un ultime rappel, après 2 heures et demie de folie. Il porte
le maillot orange et noir des footballeurs lorientais. "Quand on voit des
petits manger des gros, ça fait toujours plaisir !" L'accession des Merlus
en première division ne lui a pas échappé. Goldman rebondit sur l'actualité
sans gros sabots démagogiques mais avec des tonnes de finesse, un à-propos
bourré d'attention et de délicatesse. Une pleine charette de qualités qu'il
promène tout au long d'un spectacle colossal, s'appuyant sur la vidéo, un
éclairage sophistiqué, superpuissant et une foule d'effets spéciaux. Une
machine énorme qui s'ébranle avec une étonnante légèreté. Là ou un gros
budget risquerait d'écraser le spectateur, Goldman réussit le tour de force
de ne jamais rompre la fibre intimiste, fraternelle qui l'unit à son public.
"Tout n'a pas été parfait"

"Si j'ai oublié des mots, si tout n'a pas été parfait, c'est de votre faute
! On n'a pas l'habitude d'en prendre autant..." Jean-Jacques s'excuse pour
les quelques imperfections que personne, ou presque, n'a remarquées. Et on
le croit quand il joue les modestes. Une sincérité, dont on ne parvient même
pas à douter, quand il prétend que l'accueil du public lorientais l'a
bouleversé. D'autant moins que la chaleur de la salle, sa joyeuse exubérance
avaient de quoi impressionner les plus hermétiques au répertoire de Goldman.
En retour, l'artiste, accompagné de cinq musiciens haut de gamme dont
Michaël Jones son complice de toujours, n'a pas été avare d'énergie, offrant
à ses fans ses plus grands succès d'hier et d'aujourd'hui, de "Sache que
je", en passant par "Il suffira d'un signe", "Quand la musique est bonne",
et un détonant "A nos actes manqués" avec le public, parfaitement dans le
tempo, dans le rôle des choristes. Goldman et sa bande se sont même permis
quelques espièglerie comme les versions reggae, hip-hop ou... tango-musette
de "Pas toi". Hilarant. Parce qu'en plus, n'en déplaise aux jaloux, Goldman
a de l'humour...
Dimanche soir, au palais des sports de Kervaric, dans un face à face complice avec le public, Jean-Jacques Goldman a fait un carton. Sa prestation, qui marquait la fin de la saison des « vagues de concerts » à Lorient, a attiré 5.000 fans en délire. Un retour qui sonnait juste. 1998 a de la chance : c'est l'année du grand retour de Jean-Jacques Goldman. « Il était temps » disent ses inconditionnels. Quatre ans après « Rouge », il repointe donc le bout de son micro avec un nouvel album, « En passant », et une tournée en solo (ce qui n'était pas arrivé depuis dix ans). Dimanche, à Kervaric, le public a scandé son nom pendant de longues minutes avant son arrivée sur scène.
Histoire de chauffer la salle (s'il en était besoin), Richard, du staff de la tournée, s'est amusé à balayer le palais des sports avec une caméra, pointant au hasard son objectif sur un spectateur ainsi projeté sur grand écran. Tout cela, agrémenté de petits messages du style : « Zut, je voulais rester incognito », « c'est gênant, hein ? ».
Époustouflant
Evidemment, les 5.000 fans déjà déchaînés se sont prêtés au jeu des grimaces et des sourires. Ce petit avant-goût laissait présager de la suite des évènements : un spectacle époustoufflant, mené à un rythme fou.
Pendant deux heures trente, Jean-Jacques Goldman a évolué sur une scène immense, au milieu de jeux de lumière grandioses et de vidéos retransmises sur grand écran : cette super machine a mobilisé pas moins de sept semi-remorques et a nécessité environ douze heures d'installation ! Pas d'effets de mise en scène tarabiscotés, simplement une mise en lumière astucieuse où les musiciens se croisent, portés en silence sur des rails. La technique au service d'un concert efficace, bien huilé, d'où l'émotion n'était pourtant pas absente. Au contraire.

Sous le vernis des mots et derrière la beauté innocente des mélodies, celui qui hante les hit-parades avec une tranquille régularité, aligne des émotions simples. Avec ses mots, comme ceux de « Sache que je » et « Quand tu danses », tirés de son exercice en solitaire « En passant », Jean-Jacques Goldman déchire un peu de sa pudeur. Dans son dernier album, les textes se font plus personnels mais restent portés par une musique ronronnante, celle qui a fait Sa griffe. A ceux qui le taxe de gentil chanteur à tubes, d'autres répondent qu'il est chanteur, auteur, compositeur, ou plus simplement, artiste au sens le plus noble du terme. Un artiste qui promène avec lui une impression de sympathie et de professionnalisme et qui fait souffler sur les gradins la tempête vocale. Suspendu à sa voix haute, la salle se laisse vite entraîner dans la vague ondulente des décibels. Proche de son public, Jean-Jacques Goldman fait aussi preuve de beaucoup d'humour. « C'est curieux comme parfois certaines chansons vous échappent. Alors cette fois, on va anticiper » lance-il. Pendant cinq minutes, il s'est ainsi offert un délire sur un « Pas toi » remixé à la sauce reggae, hard, rap et tango musette. Pas si loin de la fiction...
Sur scène, le mélange entre acoustique et électrique fonctionne à merveille. Aux phrases de guitares électriques de son ami Michael Jones, répondent des nappes de violons et de piano. Le soutien du saxophone ajoute un peu plus à toutes ces perles mélodiques. Et toujours cette émotion qui transpire à chaque interprétation de ces chansons construites pour durer :
« Elle attend », « Là-bas », « A nos actes manqués », « J'irai au bout de mes rêves », « Il suffira d'un signe », pour ne pas toutes les citer. L'heure des adieux va bientôt sonner. Les éléments se déchaînent : dans un énorme fracas, des éclairs innondent les écrans, tandis que le fumée envahit la salle et masque un Jean-Jacque Goldman qui, pour le rappel, a revêtu le tee-shirt des Merlus. Dernier petit clin d'oeil à Lorient avant de se quitter définitivement. Dimanche soir, le palais des sports de Kervaric a réellement vibré d'une seule voix.
5.000 fans pour un seul choeur qui, d'une seule voix, celle de l'émotion, a repris et accompagné les chansons du « maître ».
Jean-Jacques Goldman, orfèvre de la mélodie, maître des mots intimes ou des révoltés déclarées.
Aux quatre coins de la salle, le délire : le charisme de Goldman sur scène est impressionnant.

Jean-Jacques Goldman à Caen
Près de 7000 personnes ont assisté au concert
Le triomphe de Goldman au Zénith
Mardi soir, Jean-Jacques Goldman était en concert au Zénith de Caen. Au
cours des 2h15 de spectacle, les fans ont pu découvrir les titres de son
dernier album, "En passant". Les nombreuses reprises également au programme
n'ont pas pris une ride. Un vrai succès.
Près de 7000 personnes ont assisté mardi soir au Zénith, à la cinquième
étape de la tournée de Jean-Jacques Goldman. Adolescents ou d'âge plus mûr,
tous étaient venus acclamer leur idole. Seul, guitare à la main, l'artiste
entre en scène en toute sobriété. "On ira", l'un de ses derniers succès de
son nouvel album, entame le spectacle.
Une véritable mise en scène
Au début du quatrième titre, les musiciens font une entrée remarquée.
Surgissant d'une plate-forme, ils s'élèvent sur la scène du Zénith. "La vie
par procuration", "Natacha", "Là-bas", sont parmis les quelques titres d'une
première partie essentiellement accoustique. Viennent ensuite des sonorités
un peu plus vives. Les anciens succès tel "Il suffira d'un signe" ou bien
"Je te donne" sont l'occasion pour Michaël Jones de faire état de ses
talents de guitariste. L'adhésion du public est totale, la salle s'enflamme.
A trois reprises, l'artiste est rappelé sur scène. Chaque fois il s'éxécute.
"Sache que je", son dernier succès, achèvera la soirée. Tout au long du
spectacle, la mise en scène est soignée. Au cours du concert, l'artiste rend
hommage à l'équipe technique qui "chaque soir, effectue un travail
considérable. Heureusement que nous avons affaire à un public qui sait leur
faire honneur"
Un triomphe
Le début d'une tournée est souvent redouté des artistes. Aucun point de
repère n'est encore fixé et il est difficile d'anticiper les réactions du
public. Au regard du concert de mardi soir, Goldman peut-être rassuré. Le
public caennais a apprécié le spectacle, l'artiste n'a pas déçu. La tournée
s'annonce sous les meilleurs auspices. Au fil des années, Goldman accroit sa
popularité. Les fans de la première heure lui restent fidèles et les plus
jeunes font de lui l'un des chanteurs français les plus appréciés.
L'artiste, lui, reste le même. Tant mieux.

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