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Céline a enregistré en avril son album francophone aux Sudios Mega,
à Paris. Toute la composition est signée par l'unique Jean-Jacques
Goldman et également Erick Benzi (2 titres).
Première certitude : le nouveau disque de Céline Dion sera un succès. Il n'est
même pas nécessaire de l'avoir écouté pour le savoir : le couple de "D'eux" est
reconstitué, Dion et Goldman, la voix mondiale de la fin dusiècle et le plus
puissant auteur-compositeur-interprète des variétés françaises. C'est lui qui
a "réalisé" "S'il suffisait d'aimer" qui sort jeudi prochain, et il en a écrit
dix des douze chansons, dont les trois premiers "singles" : "Zora sourit" (que
l'on entend déjà à la radio), "S'il suffisait d'aimer" et "Je crois toi".
A propos de Céline Dion, on ne peut s'empêcher d'un sentiment curieux, qui tient
à la fois de l'interrogation économique et d'une sorte de reconnaissance piteuse :
pourquoi cette star mondiale, qui a chanté devant le Pape, ou pour les Jeux
olympiques d'Atlanta, qui a fait la une de "Time", qui a été la voix de "Titanic"
(le film le plus vu de l'histoire du cinéma), pourquoi sort-elle encore des disques
en français? Pourquoi Céline Dion, la Québécoise qui rêvait de l'Olympia, n'a-t-elle
pas tout cédé à Céline Dion, cette américaine couverte de récompenses, d'awards
et de dollars ?
En termes comptables, que représente encore le français pour un poids lourd du
show-business international ? "Falling into you", paru en 1996, qui est son disque
anglophone le plus "successfull" jusqu'à présent, s'est vendu à vingt-six millions
d'exemplaires dans le monde (et il est d'ores et déjà certain que "Let's Talk About
Love", paru en novembre dernier, fera mieux). "D'eux", sorti au printemps 1995, est
devenu le disque le plus vendu de l'histoire des variétés françaises avec plus de
trois millions d'exemplaires en France, et deux millions encore à l'exportation. Près
de soixante-dix millions de disques en anglais contre une dizaine de millions en
français : n'importe quel capitaine d'industrie supprimerait cette activité marginale.
L'album s'intitule : "s'il suffisait d'aimer"

1) Je Crois Toi
2) Zora Sourit
3) On Ne Change Pas
4) Je Chanterai
5) Terre
6) En Attendant Ses Pas
7) Papillon
8) L’Abandon
9) Dans Un Autre Monde
10) Sur Le Meme Bateau
11) Tous Les Blues Sont Écrits Pour Toi
12) S’il Suffisait d'aimer

Mais voilà : il entre parfois de l'amour, de la sincérité dans le commerce de musique.
Céline poursuit sa carrière francophone parce qu'il s'agit de sa langue natale et - sans
doute - parce qu'il s'agit de belles chansons. Bien sûr, on pourra ronchonner que Goldman
écrit décidément dans un langage musical assez restreint et noter que quelques notes de
l'introduction de "L'Abandon" sortent du refrain de "On ira", que la mélodie de "Sur le
même bateau" est parallèle de celle de "Pas toi"...
Mais comme d'habitude, Jean-Jacques Goldman est d'une efficacité émotionnelle confondante :
la méditation héroïque de "Sur le même bateau", la pantelante majesté de l'hymne lent "S'il
suffisait d'aimer" (toutefois un peu Yves Duteil aux deux premiers couplets), la montée du
sentiment dans "Zora sourit", la nudité de la voix au début de "On ne change pas", la "pêche"
aérobique de "Dans un autre monde"... L'habillage est classique, à la fois popte et luxueux :
clavier qui fait pwwwwiiiii et choeurs de Radio-France, orchestre symphonique sobre et chorale
gospel (les Chérubins de Sarcelles).
Erick Benzi, vieux compagnon de Goldman (coréalisateur d'"En passant", le dernier album de JJG),
a également composé deux chansons : "Papillon", une grande machine hollywoodienne, et "Terre",
blues gospélisant dont les paroles recèlent ce que l'on pense être un lapsus intéressant d'un
point de vue psychologique - "Terre/Si tu savais combien je t'ai manquée".

La chanteuse sera sur scène courant 98, le 14 juin à Bruxelles, le 18 juin au stade de France près de Paris.
Des concerts -dont les dates restent à préciser- sont aussi prévus à Lyon (stade de Gerland) et Marseille (stade Vélodrome).
Son nouvel album "S'il suffisait d'aimer" est sorti depuis le 3 Septembre
Au programme 12 titres
sans aucun duo Dion-Goldman (malheureusement) mais avec la
participation de choristes classiques et d'un orchestre philharmonique
qui s'ajoutera à la formation de base.
Goldman a composé 10 des 12 chansons du nouveau disque de Céline Dion, dont le simple "Zora sourit", déjà distribué
depuis plusieurs jours.
Les deux autres ("Papillon" et un blues-gospel intitulé "Terre") sont dues à un de ses collaborateurs les plus proches, ex
membre du groupe Canada, Erick Benzi, compositeur et producteur de l'album de la chanteuse indonésienne Anggun. Le
disque a été enregistré entre septembre 1997 et juillet 1998 à Suresnes (Hauts-de-Seine), près de Paris. Les choeurs de
Radio France, dirigés par Yvan Cassar, qui assurera la direction musicale du prochain spectacle de Johnny Hallyday, ont
participé à l'enregistrement.
Roland Romanelli, qui fut un des accompagnateurs-fétiche de Barbara, a arrangé les orchestrations classiques confiées à des
musiciens anglais, regroupés au sein du "London studios orchestra".
Céline Dion mène une double carrière anglophone et francophone. Son dernier album, "Let's talk about love", n'a pas encore
quitté le sommet des meilleures ventes dans la plupart des pays du monde. Un nouveau simple vient d'en être extrait,
"Immortality", un duo avec les Bee Gees.
Elle figure également au générique de la bande originale du "Titanic", un des best-sellers discographiques de la saison
écoulée, avec la chanson "My heart will go on".
Jean-Jacques Goldman, outre une carrière sous ses propres couleurs (il figure en bonne place actuellement dans les
meilleures ventes de disques en France avec son dernier simple "Le coureur" et l'album "En passant"), poursuit également
une activité d'auteur-compositeur à succès pour d'autres interprètes: Johnny Hallyday, Florent Pagny, Patricia Kaas...
Ruée sur le nouvel album de Céline Dion
Les
fans de la pop-star québécoise Céline Dion
se sont rués mardi 8 Septembre dans les magasins de disques de Montréal pour la
sortie au Canada de son dernier
album, "S'il suffisait d'aimer".
"S'il suffisait d'aimer", dont le premier extrait "Zora sourit" est
déjà largement diffusé par les radios
québécoises depuis un mois, est le deuxième album signé pour la star
par le compositeur français
Jean-Jacques Goldman.
Le précédent, "D'eux", avait pulvérisé tous les records de ventes de
disques francophones avec 6,5
millions d'exemplaires vendus.
S'attendant au même succès, l'éditeur Sony n'a pas fait de campagne
publicitaire. Plus de 400.000
exemplaires ont été commandés au Québec.
"C'est le délire", souligne Gilbert Soupras, responsable du rayon
francophone d'un grand disquaire de
Montréal. Il a précisé que le magasin avait ouvert une heure plus tôt
mardi pour "l'événement".
Quelques rares personnes ont fait la queue avant l'ouverture, mais
l'affluence a commencé à prendre
réellement de l'ampleur pendant la pause de midi.
"Les fans de Céline Dion ne sont pas du genre à vouloir à tout prix
être les premiers à écouter le disque",
explique une vendeuse d'un autre grand magasin, où "S'il suffisait
d'aimer" se vend également très bien.

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